Les villes intermédiales de Michaël Ferrier

Activity: Academic talk or presentation typesOral presentation

Description

Michaël Ferrier, écrivain français s’étant installé de longue date à Tokyo, a entrepris depuis 2023 de publier dans la Revue des Deux Mondes des extraits de ses carnets de voyage en Asie (Chine, Taïwan, Japon...) et à New York, où il a vécu à plusieurs reprises depuis le début des années 2000. Cette série de brefs textes toujours en cours dessine au gré de chaque nouvelle destination parcourue une sorte d’art poétique autour de l’écriture de la ville, celle-ci figurant une méthode critique et de création littéraire que cette communication se propose d’analyser. L’intermédialité est au cœur de cette démarche d’écriture, tout d’abord en tant que principe de composition ekphrasistique faisant référence à d’autres formes d’art dont la peinture, le dessin, la musique ou le cinéma, mais aussi comme mode synesthétique d’attention au monde faisant appel à tous les sens, afin de dépasser l’obsession contemporaine pour les images. Ceci constitue un enjeu éthique et esthétique essentiel pour Ferrier dans son rapport à la ville et à ses représentations, lui permettant de distinguer l’expérience du tourisme de celle du voyage véritable. Voici par exemple comment il présente l’objet de ses pérégrinations urbaines dans ses « Carnets de Taïwan » (Revue des Deux Mondes, mars 2024, pp. 92-97 (p. 95)) : « rejoindre les chemins de traverse qui sinuent et s’insinuent vers les marges ou vers les bords, ou bien s’en retourner vers les mers intérieures, lâcher le clinquant des images pour retrouver le pays profond de l’ouïe, des odeurs, des musiques, des humeurs. Ainsi, le touriste a la possibilité de redevenir ce qu’il n’aurait jamais dû cesser d’être : un voyageur. »
S’appuyer sur les interactions voire les tensions entre les perceptions multisensorielles de la ville est ainsi pour Ferrier le meilleur moyen de déconstruire les images stéréotypées qui s’imposent à tous, suivant en cela une approche dont il a fait l’apprentissage à Tokyo : « “Bura bura suru” : flâner, marcher sans but. Ce style de déambulation est aussi un mode de connaissance [...], méthode mobile de découverte, nomade et déroulante, qui ouvre sous vos yeux les panoramas comme les profondeurs. Alors, on regarde, on ouvre ses pupilles, ses narines, ses ouïes, et on dévore jusqu’à l’ivresse cette ville-monde » (« Carnets du Japon », Revue des Deux Mondes, avril 2024, pp. 90-94 (p. 92)). Cela se traduit dans ses carnets de voyage par une écriture urbaine faite de mots-sons, mots-couleurs, mots-odeurs, mots-goûts et mots-touchers, sa langue se chargeant de toutes ses impressions des villes arpentées, et cherchant à retranscrire l’entièreté de ses expériences de flâneur-voyageur, même les plus ténues. « Alors, à nouveau, tout fait signe vers le poème... », ainsi que nous l’enseignent ses « Carnets de Taïwan » (p. 95).
Period5 Sept 20256 Sept 2025
Event titleLa ville intermédiale / Intermediality in the City
Event typeConference
LocationAix-en-Provence, FranceShow on map
Degree of RecognitionInternational

Keywords

  • Michaël Ferrier
  • Intermediality
  • Literary representations of cities